Novembre 2025

La bande à Marcel

L’automne est une belle opportunité pour faire découvrir aux plus petits la diversité des arbres .

Une balade en forêt s’impose : surtout pas dans des alignements de résineux, il faut choisir un vagabondage dans un vallon où serpente une rivière.

La promenade débute par une chênaie. On fait constater la présence des glands au sol, et en levant la tête, on peut voir les derniers exemplaires encore attachés aux branches. C’est l’occasion de collecter quelques glands de taille variées, en conservant les cupules. Le gland est le fruit du chêne… c’est le message à faire passer. Il ne se mange pas, mais on peut faire une allusion aux cochons que l’on amenaient autrefois à la glandée. Celui qui menait ainsi les porcs en forêt était un glandeur. Le verbe glander vient de là car ce n’était pas vraiment un travail qualifié qui nécessitait beaucoup d’énergie.

Donc, ne pas les consommer, mais les garder précieusement. C’est la première partie du butin.

Pour chaque arbre rencontré, il conviendra de chercher le fruit, et d’associer celui-ci à l’arbre que l’enfant contemplera en levant la tête. Certains fruits sont discrets. Par exemple, celui de l’aulne, qui ressemble à une minuscule pomme de pin.

A propos, des petits cônes de pins sont intéressants à collecter.

Il y a les faînes du hêtre, et ne pas oublier aussi les cupules. Et puis, les samades du frêne, ça pourra servir aussi…

Evidemment, il est nécessaire de collecter les vedettes incontestées, les fruits qui plairont beaucoup à l’enfant: la châtaigne, et plus encore, le marron bien luisant … et là encore, on ne négligera pas la bogue.

L’enjeu est de récolter une diversité de fruits afin d’obtenir un choix de formes variées.

Avant de rentrer au logis, on peut aussi collecter quelques petits morceaux de bois souples de très petite section, du noisetier par exemple.

Il est temps maintenant d’étaler tout sur une table et de suggérer qu’avec tout cela, on peut construire.

Et l’enfant comprend rapidement que si l’on superpose deux glands de taille différente, l’un peut constituer le torse et l’autre la tête, bref un bonhomme en devenir. Et la cupule restée en place est le plus beau des couvre-chef. Et si l’on positionne le gland dans l’autre sens, on peut vite imaginer un animal.

Le marron  fait aussitôt penser à l’obésité, caractéristique physique de l’arrière grand-père Marcel.

Mais comment faire tenir tout cela ? Tout simplement avec des cure-dents : c’est solide, pratique et permet de faire un assemblage sans colle. Toutefois, une colle à bois ou la colle fluide du pistolet est un plus et va permettre de fixer les menus morceaux.

Outil indispensable : le poinçon, afin de faire des « pré-trous » avant l’apport du cure-dent.

Pas question évidemment de transmettre ces outils à l’enfant ! Il est le concepteur et vous l’exécutant.

Ainsi , les questions que vous lui adresserez doivent être ininterrompues : tu prends quoi pour faire les bras ?  Et puis pour le nez ? Et les pieds ?

Le succès de l’entreprise dépend aussi de votre dextérité : si le personnage est réalisé en cinq minutes, c’est un succès garanti.

Car l’enfant se lasse si vous prenez votre temps et peaufinez trop.

Afin de gagner du temps, on peut « tricher un peu » en utilisant des petites perles pour faire les yeux.

Pour parachever l’œuvre, les personnages ou animaux peuvent être collés sur un socle, une section de bûche.

Eventuellement, on peut pyrograver…

Tout cela constitue un petit atelier nature bien sympathique et … très économique.

La tendance actuelle est de fréquenter le rayon « loisirs créatifs » de magasins discount . Les produits proposés viennent généralement d’Asie et sont souvent composés de ressources non renouvelables. Là, c’est encore moins cher et vous pourrez constater que le produit fini laissera quelques traces dans la mémoire de l’enfant…  C’est la caractéristique des collectes dans la nature .  Et si un jour l’œuvre est détruite, ce n’est pas grave : elle est biodégradable.

 

Les Histoires Précédentes

Bruyère ou callune ?

Le jeu du carabe

L'hôtel à insectes

L'Hoplie bleue

L'Azuré des orpins

Pour la bruyère commune (erica cinerea), les feuilles sont en forme d’aiguilles et implantées  en cercle autour de la tige. Pour la callune (calluna vulgaris), les feuilles ressemblent à de petites plaquettes implantées en épi tout au long de la tige. Pour les fleurs, la distinction est toute aussi aisée : la bruyère a des fleurs plus allongées, qui ressemblent à des petits grelots. La callune a des fleurs avec des pétales bien distincts.

Evidemment, j’ai regretté de ne pas avoir appréhendé cette distinction auprès des élèves lors des stages : c’était facile… Reste à trouver une procédé  mnémotechnique pour ne pas inverser le nom des plantes et leur description.

 

Quel est l’intérêt de savoir distinguer bruyère et callune ?

Il suffit de s’inscrire à une sortie naturaliste en automne, par exemple ornithologique., dans une région riche en bruyère ou callune. Vous passerez aussitôt pour ignare si vous ne distinguez pas le chant de la fauvette grisette de celui du pipit farlouse.

Vous l’avez compris : dès que le mot bruyère sera prononcé, partez immédiatement à la charge !

Car la callune est plus commune. Elle est même unique dans les Alpes.

Mais attention ! À l’endroit où j’ai réalisé les photographies ci-dessus, les deux espèces cohabitaient, pour le plus grand plaisir des yeux, car la callune est d’un rose un peu plus pâle que la bruyère.

 

Les Histoires Précédentes

Bruyère... ou callune ?

L'Hôtel à insectes

Il y a quelques années, j’animais des stages scolaires. Le public était du second degré, collégiens ou lycéens.

Un jour, devant un paysage granitique typique, entre chaos, landes et tourbières, j’ai évoqué « une lande à bruyère ». Un enseignant de sciences de la vie et de la terre corrigea mes propos en distinguant une « lande à callune ».

Mais, plein de sollicitude, il ajouta que l’on pouvait dire aussi « lande à fausse bruyère », ce qui eût le mérite de clore le débat vis-à-vis du public, car l’objet de l’étude était les relations entre carte, roche et paysage. La végétation et la botanique n’était pas vraiment l’objet du stage… et pour tout dire j’étais bien incapable de distinguer les deux.

Quelques semaines plus tard, dans le même cadre naturel, me souvenant  des propos de mon collègue, j’ai décrit une « lande à callune ». Un autre enseignant, vis-à-vis des stagiaires ajouta : « la callune, c’est une variété de bruyère ».

Bref, je suis passé de stage en stage à parler de fausse bruyère ou de callune… en étant toujours incapable de distinguer la vraie de la fausse, mais en cultivant l’apparence...

J’ai décidé de mettre fin à cette carence il y a quelques jours, au cours d’une promenade, toujours en milieu acide.

En fait, la comparaison est très simple : si les deux plantes peuvent se confondre à quelque distance, la distinction est évidente lorsque l’on observe même sommairement la plante.  Les quatre photos ci-dessous montrent  les différences, que ce soit au niveau des feuilles ou des fleurs. En haut, la bruyère, au-dessous, la callune.

 

Le jeu du carabe

Bruyere-callune
350 ko
bruyere-callune.pdf
Jeu-carabe
460 ko
jeu-carabe.pdf
L-hotel-a-insectes
420 ko
L-hotel-a-insectes.pdf
L'hoplie bleue
550 ko
hoplie.pdf
Mai 2025 - L'azuré des orpins
910 ko
orpins.pdf
Mai 2025 - L'azuré des orpins
910 ko
orpins.pdf
L'hoplie bleue
550 ko
hoplie.pdf
L-hotel-a-insectes
420 ko
L-hotel-a-insectes.pdf
Jeu-carabe
460 ko
jeu-carabe.pdf